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Pascal Stoppa SA collabore avec la plasticienne Sophie Mirra Grandjean pour l’ornementation céramique d’un immeuble

À une époque où les arts décoratifs sont devenus anecdotiques pour une grande partie de ce que l’on appelle la construction, il subsiste des maîtres d’ouvrage et des architectes suffisamment amoureux d’esthétique populaire, pour enrichir généreusement leurs projets d’une empreinte artistique. Pascal Stoppa SA a eu le privilège de poser un jeu de fresques conçues par la plasticienne vaudoise Sophie Mirra Grandjean, pour les entrées d’un ensemble de bâtiments signés Philippe Meyer Architecte.
Elle nous a aimablement accordé un peu de son temps pour expliciter son travail, de conception et de fabrication.

P.S. Comment est née votre collaboration avec les maîtres d’ouvrage ?
S.M G. Notre rencontre s’est produite à l’occasion de leur venue au vernissage d’une de mes expositions, où ils m’ont fait part de leur intérêt pour une collaboration avec leur architecte, pour l’ornementation d’un programme immobilier. Le projet portait sur la conception de fresques destinées à l’entrée de bâtiments d’habitation situés à Corsier Port.
J’ai donc rencontré l’architecte Philippe Meyer, à qui j’ai proposé différentes pistes visuelles. La sélection a été ensuite été opérée avec le concours des maîtres d’ouvrage.

Quel a été votre prérequis conceptuel ?
J’ai travaillé en étroite collaboration avec Philippe Meyer. Je me suis laissée inspirée par son style afin de faire communiquer nos projets respectifs. Son architecture se distingue par l’emploi de matériaux nobles bruts (béton apparent, cuivre, bois) pour des constructions cubiques dotées de grands espaces vitrés. Ma réflexion a donc volontairement rejoint l’esprit architectural d’ensemble.

Et pour la conception plastique ?
Je partais donc sur une surface plane et verticale, avec pour médium le carreau de grès.
Je travaille toujours de manière sensuelle, en m’interrogeant sur l’environnement dans lequel j’évolue et en laissant une place à la dimension aléatoire. Pour la fresque en question, j’ai tout d’abord construit une maquette en volume, respectant la forme cubique de destination, dans laquelle j’ai fait tourner une ligne de section carrée se rétrécissant dans un mouvement angulaire. Ensuite, j’ai photographié la maquette et isolé certaines formes composées par les entrelacs de la ligne. À partir de là, j’ai travaillé en 2D en modifiant légèrement les lignes et les arêtes et en supprimant des éléments. Cette phase m’a permis d’extraire la trame du motif et de procéder à la composition.

Du trait à la matière, comment ont surgi les carreaux définitifs ?
J’ai préalablement défini les couleurs, puis je me suis mise à la recherche d’un atelier équipé pour la cuisson de mes pièces de grand format (36/46 cm). J’ai choisi de travailler avec les ateliers espagnols Ceràmica Cumella, situés dans la région de Barcelone. Cette fabrique produit un travail remarquable et intervient notamment sur le chantier de la Sagrada Família. Je me suis rendue sur place trois fois ; la première pour établir le plan de travail, la deuxième pour tester les différents modes d’application de l’émail, et la troisième pour la production. Au terme de mes tests, j’ai opté pour la technique de la monocuisson, qui consiste à cuire simultanément la terre crue et son émail. La terre se rétracte durant la cuisson, de 4 à 15 %, ce qui peut avoir une incidence sur le motif final, notamment lorsque le dessin est à cheval sur plusieurs carreaux. Un mauvais séchage ou des bulles d’air emprisonnées dans la terre peuvent faire éclater les pièces lors de la cuisson. C’est pourquoi, la plupart du temps, les céramistes cuisent en deux fois.
Pour réaliser les carreaux, j’ai appliqué la couche d’émail blanc pour le fond, que j’ai rehaussée avec la teinte noire du motif. La cuisson s’est ensuite parfaitement déroulée, faisant apparaître une subtile bordure frémissante du motif, qui n’aurait pas été obtenue en deux cuissons.

Pour la pose, pourquoi avoir choisi Pascal Stoppa SA ?
Philippe Meyer m’ayant confié la phase de pose, j’ai pris contact avec pascal Stoppa, après avoir éliminé les poseurs standards ou industriels. Dès notre un premier entretien, j’ai apprécié sa considération pour le projet artistique, et sa grande expérience. Me sachant perfectionniste, j’ai trouvé avec cet artisan un interlocuteur soigneux et compréhensif, pour poser sans le moindre défaut les 4,25 m2 de chaque ensemble.

La pose est l’un des moments de vérité dans ce type de projet. Étiez-vous présente ?
Je me suis rendue sur place pour répartir les carreaux que j’avais préalablement numérotés, mais également pour vérifier le résultat d’ensemble. La pose a été exécutée avec le plus grand professionnalisme et avec un soin remarquable. Nous avons eu rendez-vous le jour précédant la pose pour discuter de cette étape. Lorsque j’y suis retournée le surlendemain, le travail était si propre que j’ai pris la décision de ne pas faire appliquer les joints.

Pour conclure, est-ce pour vous, qui êtes plasticienne, une expérience positive ?
Sans aucun doute. La dimension d’implication et d’échange entre artiste et artisan est importante pour moi. Concevoir un objet, puis assurer moi-même sa fabrication en collaboration avec les ateliers fait partie intégrante de mon travail, surtout lorsqu’il s’agit de céramique. Et intervenir sur les espaces de vie s’inscrit dans ma démarche plastique.

Pour en savoir plus sur Sophie Mirra Grandjean : https://sophiemirra.com
Crédit photo portrait : Marie-Pierre Cravedi

Sophie Mirra Grandjean

 

Tesson d’émail noir

 

Carreaux prêts pour la cuisson

 

Composition N°3 juste après la pose de l’émail noir

 

Résultats des tests de pose des émaux

 

Œuvre N°1 sur le site encore en chantier

 

Œuvre N°2 sur le site encore en chantier

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